LEVALLOIS-PERRET (Reuters) – Le poids lourd du judo français Teddy Riner n’a pas tremblé
et s’est qualifié pour les quarts de finale du premier championnat du monde toutes catégories, baptisé « titre suprême », qui sera attribué dimanche.
Deux combats et deux ippons ont permis à Riner, champion du monde des lourds en 2007 et médaillé de bronze aux Jeux de Pékin, de ne pas s’éterniser sur le tapis où il n’aura passé que deux minutes 38 secondes, gardant ainsi de l’influx pour l’ultime journée.
Après un tour de chauffe face à l’Ouzbek Adiljan Tulendibaev, immobilisé en une minute 26, il n’a fait qu’une bouchée du Japonais Yohai Takai, qui vient de remporter à Tokyo la prestigieuse Coupe Kano, le faisant tomber en une minute 12.
» Ca fait du bien de planter Takai sur ippon. Je n’étais pas prêt à attaquer mais j’ai vu une ouverture et j’y ai été. Je suis en confiance pour demain où la journée sera encore plus difficile », a dit le judoka de 19 ans, qui débutera la compétition dimanche contre le Néerlandais Grim Vuijsters, tombeur de Cyril Maret au deuxième tour.
Dans une deuxième moitié de tableau très relevée, un autre Français, Pierre Robin, a marqué les esprits.
Il a sorti au premier tour le vice-champion olympique des plus de 100 kilos, l’Ouzbek Abdullo Tangreiev, tombeur de Riner en quart à Pékin. Il a poursuivi son parcours au tour suivant en immobilisant le Japonais Takamasa Anai, pour rallier lui aussi les quarts de l’épreuve. Il y retrouvera au tour suivant son compatriote Matthieu Bataille, qui a vaincu successivement l’Espagnol Angel Parra et le Tunisien Fayçal Jaballah pour avoir le droit de rejouer dimanche.
Le Polonais Janusz Wojnarowicz a lui aussi créé la surprise en sortant au deuxième tour le japonais Yasuyuki Muneta, double champion du monde, mis sur le dos à mi-combat.
Pesé à plus de 150 kilos – il approcherait les 170 marque que la balance officielle n’atteint pas -, Wojnarowicz sera opposé en quarts de finale à Alexander Mikhaylin, qui a connu à trois reprises la plus haute marche du podium mondial et a battu le Français Jean-Sébastien Bonvoisin.
Frédéric Demontfaucon, champion du monde des moins de 90 kilos en 2001, passé depuis dans la catégorie des moins de 100, a tenté un gros pari dans ce qui pourrait être la dernière compétition de sa carrière. Mais il a rendu les armes face au champion d’Europe junior, le Polonais Grzegorz Eitel, à qui il rendait 40 kilos (98,6 contre 138,6).
TONG, COMME PRÉVU
« C’était peut-être la dernière, je ne sais pas encor e. Je prendrai ma décision mi-janvier, vous verrez bien si je suis aux championnats de France », a dit Demontfaucon, tout sourire et affirmant n’avoir aucun regret de s’être engagé dans l’épreuve.
Septième Français en lice, Adrien Pin est tombé dès le premier tour face au Hongrois Barna Bor, champion d’Europe juniors.
Du côté des femmes, comme prévu, la championne olympique Tong Wen n’a pas traîné sur le tatami de Levallois, immobilisant son adversaire polonaise Malgorzata Gornicka en moins d’une minute trente lors de son premier et unique combat du jour. Plus que jamais favorite pour ce premier « titre suprême », la Chinoise sera opposée en quart de finale à la Française Eva Bisséni, déjà championne du monde par équipes, qui a marqué ippon sur tomoe-nage à la Bulgare Mariya Oryashkova.
La sociétaire du Red Star Champigny sera la seule représentante du judo féminin français à tenter d’aller chercher le titre puisque la compétition s’est achevée dès samedi les trois autres engagées.
Anne-Sophie Mondière, quintuple championne d’Europe et triple médaillée mondiale, a vu l’aventure s’achever dès le tour préliminaire qu’elle disputait contre la modeste Tunisienne Nihel Chikhrouhou. Alors qu’elle menait d’un waza-ari, la judoka de Pontault-Combault a été contrainte à l’abandon sur un étranglement.
Le premier tour a été fatal à Rebecca Ramanich, battue par l’Allemande Katrin Beinroth, ainsi qu’à Emilie Andréol, vaincue au Golden Score (prolongation) par la Japonaise Mika Sugimoto, et surtout à Céline Lebrun, qui tentait comme Frédéric Demontfaucon le pari d’un titre dans une catégorie qui n’est pas la sienne.
Un pari qu’elle avait déjà tenu. Vice-championne olympique des moins de 78 kilos en 2000, elle devenait un an plus tard championne du monde toutes catégories en Allemagne, ce qu’aucune ju doka n’était plus parvenue à faire depuis la Belge Ingrid Berghmans en 1980, lors des premiers Mondiaux féminins à New York.
Sa tentative de doubler la mise sept ans après a échoué face à la Russe Elena Ivashchenko, médaillée de bronze mondiale en 2007. Lebrun partait avec un handicap de plus de vingt kilos, pesée à 77,5 kg contre 100,3 à son adversaire.
Edité par Patrick Vignal
